Les alternatives à la traditionnelle cantine d'entreprise

Mis à jour : avr. 3

Est-ce que déjeuner à la cantine de son entreprise est devenu ringard ? Nous sommes en mesure de nous poser la question. Les rois de la restauration d'entreprise que sont Elior, Sodexo, et Compass font les frais de profonds changements de sociétés, alors qu'ils ont profité d’une clientèle captive pendant des décennies, c’est un bouleversement sans précédent.



Aujourd'hui, de plus en plus d'employés désertent les cantines et préfèrent déjeuner ailleurs ou se faire livrer un repas qui leur fait vraiment envie via des applications leurs offrant plus de choix. La lassitude face à des repas trop redondants et normés poussant les salariés à opter pour d'autres solutions. Ainsi que la démocratisation du travail à distance dans les entreprises, font perdre une partie de la clientèle des cantines traditionnelles.


Alors quel rôle peut jouer l'entreprise mis à part mettre à disposition des tickets restaurants ? Quelles sont les alternatives aux cantines traditionnelles pour les entreprises qui souhaitent proposer une solution à leurs salariés au sein des bureaux ?

Les plateformes de livraison


Elles ne sont plus à présenter, tellement elles rencontrent du succès auprès des salariés de grandes entreprises : les plateformes de livraisons comme Deliveroo, Just Eat ou Uber Eats. Mais d'autres sociétés vont plus loin que leurs concurrents internationaux, comme Nestor, Foodchéri ou Frichti en préparant elles même les repas.

En effet, a la différence des plateformes de livraisons, qui travaillent avec des restaurants partenaires, leurs repas (soupes, salades, risotto…) sont préparés dans leurs propres cuisines. Ils choisissent des produits de saison, meilleurs et moins chers, ce qui permet d’assurer un repas complet entre 9 et 13 euros. Pour baisser les coûts, la livraison est également effectuée par les employés de Frichti, lors de tournées destinées à limiter les déplacements. La recette fonctionne ! Ils ont réussi à s'imposer comme l'un des leaders de la livraison de paniers repas au bureau. Nombreux sont maintenant à préférer un petit "frichti" commandé en moins de 30 minutes, qu'un repas entre collègue au self de l'entreprise.



FoodChéri comme Frichti possède une cuisine centrale qui conçoit et élabore les plats proposés à leur carte. Ce modèle leur permet de maîtriser les marges en réduisant le coût en matière première et en sélectionnant des produits bruts, tracés, et de qualité. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que Sodexo, en acteur avisé de la restauration d'entreprise, à sauté sur l'occasion d'investir chez Foodchéri en 2018. Avec l'acquisition de FoodChéri, Sodexo met la main sur une partie encore mal organisée de ce secteur d'activité, le repas du midi des salariés des start-up, TPE et PME. Ces entreprises souvent dans le secteur des services, soit trop petites pour avoir un comité d'entreprise ou à fortiori une cantine, où l'on déjeune souvent sur le pouce mais où l'on veut néanmoins une alimentation de qualité.



Les frigos connectés


Ces dernières années, de nombreuses jeunes start-ups Françaises se sont mises à exploiter un nouveau segment de la restauration d'entreprise : les frigos connectées. Non, ce n'est pas votre frigo de cuisine qui va vous envoyer un texto pour vous dire de racheter de la moutarde au supermarché ce soir (quoique cela existe déja). Non, le principe d'un frigo connecté en entreprise est tout ce qu'il y a de plus simple. Ces frigos permettent de choisir son repas après avoir présenté un badge pour se connecter à son compte client. Les plats proposés sont généralement faits maison par des restaurateurs.

Il serait impossible de nommer toutes les sociétés qui ont proposé ce principe aux entreprises pour réinventer leurs espaces de restauration, mais entre autres, on peut penser à Foodles, Melchior, Popchef ou encore Frigo NU!


Cette dernière à, de plus, mis en place dans son frigo, une vrai dimension écologique. Ce frigo intègre le principe du “zéro déchet”. Les plats sont distribués dans des bocaux en verre, qui sont remis dans des tiroirs en dessous du frigo, une fois le repas terminé. Puis, ceux-ci sont retournés au restaurateur pour être réutilisés.


De même pour Foodles qui nourrit aujourd’hui plus de 5000 salariés par jour dans près de 50 entreprises franciliennes, dont Hermès, Vente Privée ou Accor. Leur but est simple : il s'agit de trouver de nouvelles entreprises qui commandent au minimum 30 repas par jour. Pour l'employé, qui débloque l'ouverture du frigo avec un badge magnétique personnel, les plats sont à 4,90€ et les desserts entre 1 et 2 euros. L'entreprise prend en charge les frais liés à l’installation du matériel, ainsi que l’abonnement aux services Foodles. Ces frais ne sont donc pas répercutés sur le prix final du plat pour le salarié. Ce dernier peut également commander à l’avance, sur le site de Foodles, les plats du jour, qui sont différents de ceux qu'il y a habituellement dans le frigo, afin d’être livré le jour-même, dans son entreprise, avant midi. Le tout, toujours, avec des produits sains. Et autant que faire se peut, qui proviennent de producteurs locaux.


C'est aussi cela que les salariés d'aujourd'hui recherchent. Ils ne veulent plus "juste" déjeuner à la cantine. Les mentalités changent. Ils veulent manger mieux, déjà pour eux. Mais aussi, manger mieux pour la planète. Ce qui veut dire manger plus local et moins énergivore. Quitte à payer un peu plus cher.


Le temps de la cantine où l'on poussait son plateau sur une rampe en fer à la queue leu leu devant des plats peu ragoûtants est-il révolu? La pratique semble en tout cas avoir du plomb dans l'aile si l'on se réfère aux nouveaux concepts de restauration qui voient le jour.

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